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Un premier survol des actes du 1er séminaire international Sankoré sur la recherche universitaire en pédagogie numérique /CNAM de Paris
Il s’agissait d'évoquer sur deux jours toutes les questions que soulève l'enseignement numérique, sous de nombreux aspects : des chercheurs, ergonomes, neurologues, spécialistes de l'apprentissage, ont présenté les résultats de leurs dernières recherches, afin de mieux comprendre l'impact du numérique sur l'enseignement, et comment en tirer le meilleur parti.
Des acteurs de l'industrie, des enseignants, des responsables politiques de plusieurs pays sont venus échanger leurs points de vue, et offrir leur éclairage.
Des tables rondes ont permis d'offrir des regards croisés sur ces thématiques, et de répondre aux nombreuses questions du public.
Les débats se sont clos avec une brillante mise en perspective sociologique de l'historien Milad Doueihi.
Il serait illusoire de chercher à résumer en quelques lignes ces échanges de haute volée, mais on peut toutefois en retenir quelques grandes lignes.
Un défi pour l'avenir
Toutes les études le confirment, l'éducation numérique est une formidable opportunité à plus d'un titre.
Bien utilisé le numérique facilite la compréhension et l'apprentissage, il capte mieux l'attention, et permet d'offrir un enseignement plus riche et mieux adapté à chaque élève.
Quand il se fait ludique et didactique, c'est un précieux allié pour l'enseignant.
L'enseignant plus que jamais est un acteur crucial de l'éducation : comme à chaque avancée technologique, il reste le passeur du savoir, et c'est bien lorsqu'on se hasarde à le remplacer par la technologie que cette dernière devient un écueil plus qu'un avantage.
Les ressources numériques d'éducation ne constituent pas plus des cours à part entière que la vidéo ne l'a été en son temps.
Les nouveaux médias confirment également dans le monde de l'éducation ce qu'ils ont démontré partout où ils ont été déjà mis à l'œuvre : ils abolissent les frontières et ouvrent les horizons, et par là-même démontrent leur pleine adéquation à la mission de l'enseignement.
Mais ces nouvelles latitudes qu'offrent les technologies numériques vont de pair avec de nouvelles responsabilités
Les questions du financement, des infrastructures, de la formation des enseignants et de la maintenance sont également de première importance, puisqu'elles constituent les moyens mêmes de mettre en application ces outils.
Mais les nouvelles technologies en elles-mêmes peuvent être leur propre moyen de mise en œuvre, puisqu'elles apportent de nouvelles pratiques et de nouvelles manières d'aborder ces problèmes.
Alain Madelin, ancien Ministre, et le Professeur Albert-Claude Benhamou l'ont souligné à maintes reprises :
le partage des ressources numériques sous licence Creative Commons, l'exploitation des patrimoines culturels nationaux, financés par l'argent public, l'attention particulière apportée à la simplicité du logiciel Open-Sankoré, et l'ouverture de son code source, modifient en profondeur la manière d'aborder ces problématiques.
Des enjeux à la mesure des ambitions
Si ce premier séminaire international aura illustré les nombreux bénéfices du numérique, il aura également permis de mesurer les difficultés qu'il reste à surmonter.
La question de la propriété intellectuelle reste par exemple un problème, qui devrait être résolu par la législation : de même que le domaine public ou les bibliothèques ont offert la culture à tous, l'éducation a toute légitimité pour bénéficier d'aménagements des dispositions légales.
D'autre part, certains intervenants ont fait part de leur inquiétude face à cette nouvelle donne, tant sur ses effets directs auprès des élèves, que des changements qu'elle induit dans la pratique de l'enseignement.
Tandis que les uns se sont interrogés sur la pertinence de ces investissements dans des pays où les ressources de base sont encore difficiles d'accès, d'autres faisaient part de leur enthousiasme et de leur impatience à pouvoir bénéficier de ces avancées aux mêmes endroits.
Ces enjeux font partie de la donne, et démontrent qu'il reste encore du travail à faire pour convaincre. Les moyens sont là, et Sankoré n'en est pas le moindre.
C'est à chaque intervenant, des acteurs de terrain jusqu'aux décideurs politiques de tous pays, en passant par les industriels et les fournisseurs de contenus et services, de faire preuve de volonté pour en tirer le meilleur parti, au bénéfice de tous.
Mission accomplie
Ce premier séminaire Sankoré aura donc permis d'offrir une vision d'ensemble de la classe à l'ère du numérique : c'est donc un pari audacieux qui a pleinement rempli sa mission.
Bien que la tâche ne soit pas sans difficultés, les résultats sont plus que probants, et augurent du meilleur pour la suite.
Ce point de départ permettra également de constater l'avancée des travaux à mesure des rendez-vous, dont le prochain a eu lieu cette semaine au salon Educatec-Educatice.